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Never forget where you’re from! The first part is the most important!

Au début du mois d’avril 2017, j’ai participé à une belle aventure humaine tenue à Berlin, en Allemagne. L’European Regional Spring Conference organisé par OSF Scholarship Programs à l’intention des différents bénéficiaires du Civil Society Scholar Award Program dont je suis récipiendaire pour l’année universitaire en cours, Civil Society Leadership Awards, Disability Rights Scholarship Program etc.

J’étais tout excité à l’idée de rencontrer plus d’une centaine de collègues de différentsBerlin_OSF-10 pays pour parler de nos recherches et nos engagements communautaires. Par ailleurs, j’étais tout aussi ému de pouvoir être le –seul– représentant d’Haïti à cet événement ; mon ami et ancien camarade de la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’État d’Haïti, Raynold Billy, lui aussi convié, n’a pu faire le déplacement. Un statut qui m’a un peu mis la pression.

Le bilan a été très satisfaisant. J’en garde de bons souvenirs de cette Allemagne que je découvrais pour la première fois, particulièrement la capitale, où j’ai eu la possibilité de marcher sur les traces de l’histoire par la visite de ce qu’il en reste du mur de Berlin. Cette promenade historique m’a conduit à des années en arrière, bien avant ma naissance. J’étais stupéfait devant les vestiges, au sens propre comme au sens littéraire, rappelant la scission de ce pays en deux républiques en 1945, malgré la réunification du 3 octobre 1990.

J’ai fait de belles rencontres sur le plan académique et professionnel qui laissent présager d’éventuelles collaborations dans le futur. D’ailleurs, cette conférence avait aussi pour objectif de permettre aux participants de faire du réseautage. Je me rappelle de cette conversation à table, lors d’une pause-déjeuner, avec l’éminente professeur Rukmini Bhaya Nair qui me parlait de l’importance des récits narratifs pour une meilleure compréhension de la complexité de ma problématique de recherche. Nous avons aussi échangé sur la nécessité de prendre en compte des facteurs contextuels d’ordre historique et culturel dans l’utilisation des tests projectifs. Réagissant à mon souhait de pouvoir proposer, à partir des résultats de ma thèse, des outils adaptés pour l’accompagnement de la population juvénile en Haïti, une autre participante qui partageait notre table m’a conseillé la pratique de l’EMDR.

Je repense également à ce moment d’échange enrichissant, lors d’un boat tour, avec unBerlin_OSF_11 étudiant biélorusse. Nous étions tous les deux émus de pouvoir découvrir chacun à travers l’autre un nouveau pays, de nouvelles valeurs et représentations, de nouvelles langues. Il ne savait pas qu’Haïti n’est pas un département français d’outre-mer, que le créole est notre langue maternelle. Il n’était pas au courant de l’épopée de 1804. Il ne savait pas non plus pour les crises économiques, sociales et politiques. Ce jour-là, il en aura entendu parler pour la première fois.

De mon côté, je ne savais pas que la Biélorussie n’était pas « démocratique », que l’actuel président est en poste depuis près de 25 ans, que les inégalités sociales y sont aussi criantes qu’en Haïti, que le pays ne faisait pas partie de l’Union Européenne etc. J’étais loin de me douter, encore moins après avoir pris connaissance des points précédents, que ce pays reste tout de même une destination touristique intéressante. Par ailleurs, ma rencontre avec mon camarade de chambre congolais le temps du congrès fut elle-aussi extraordinaire. Un véritable retour aux sources. De belles retrouvailles !

Parmi ces rencontres les unes plus enrichissantes que les autres, il y en a une qui m’a particulièrement marqué. Elle est d’ailleurs à l’origine de ce texte. Un matin lors du petit-déjeuner, de manière impromptue, j’étais à table avec un allemand qui ne faisait pas partie de la délégation du congrès, mais qui séjournait lui aussi au Steigenberger Hotel. Comme à chaque repas, on faisait connaissance. Ces échanges furent pour moi un vrai moment de jauger mon anglais qui s’est révélé plutôt compréhensible, même s’il y a encore du travail à faire.

– Where are you studying?, m’a-t-il demandé.

– I’m studying in France, but i’am from Haiti. And…? (Je n’ai pas eu le temps de lui  retourner la question).

– Ahh ! Haiti! A Caribbean island!

– Yes! You know Haiti?

–  Yes I do! It’s a beautiful country. I plan to go.

A cet instant précis, je me suis senti heureux. Je ne saurais dire pourquoi. En y réfléchissant, je me suis dit peut-être parce que ce fut l’une des rares fois, depuis que j’ai quitté Haïti en 2013, que j’ai décliné mon nom et mon pays d’origine, et mon interlocuteur n’associait pas spontanément ce dernier à des adjectifs péjoratifs. J’ai tellement entendu de commentaires désobligeants, que certaines fois, je ne prends plus la peine de faire une quelconque mise au point. Pourtant, face à cet homme, je n’en ai pas ressenti le besoin. He thought outside the box! Il était dans une autre dynamique de pensée.

            – Oh that’s amazing! You’re from Haiti. You’re studying in France. And now, you’re in Berlin, a-t-il poursuivi.

            – Yes! That’s so excited, lui ai-je répondu.

Et à ce moment là, je ne savais pas que le meilleur mais aussi le plus bouleversant était à venir. Il m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit ces propos qui, sans aucun doute, continueront à rebondir en moi pendant longtemps.

            It’s an amazing experience. But, i want to tell you something. Never forget where you’re from. The first part is the most important.

La suite ne fut que du bonus. Cet homme qui doit être dans la cinquantaine m’expliquait que c’était important de ne pas me replier sur moi-même, de m’ouvrir sur le monde, d’aller à la rencontre de nouvelles cultures, de ne pas avoir peur de me heurter à l’altérité. Il me disait d’un ton sincère et honnête que cela me permettra d’avoir une ouverture d’esprit et une meilleure compréhension de ce monde complexe, « beau et terrible à la fois », pour reprendre Ta-Nehisi Coates dans Une colère noire – Lettre à mon fils. Il a conclu en « m’exhortant » qu’au-delà de tout cela, il est fondamental de rester fidèle à mes racines, de ne jamais trahir mes origines.

Ces paroles ont fait écho en moi. Elles y résonnent encore. Il est vrai que cet homme aurait pu jouer avec moi, de manière inconsciente, la relation qu’il entretient avec son jeune fils de mère turque. Ce garçon qui va devoir articuler valeurs et représentations culturelles turques et allemandes, et par là-même trouver une cohérence entre des pôles identificatoires parfois contradictoires. À qui s’identifier ? Que doit-on garder ou écarter ? Autant de questions auxquelles il tentera de répondre. S’il s’avérait vrai que mon parcours a mis cet homme face à l’histoire de son fils et son devoir père, alors j’ose espérer que nous gardons tous les deux un souvenir mémorable de ce petit-déjeuner.

J’en retiens que l’identification à l’origine tout en n’y étant pas emprisonné peut être un levier prépondérant pour garder un sentiment de continuité face à l’altérité, un sentiment d’unité dans la diversité, celui d’être le même tout en étant différent. Alors, quelque soit l’endroit où vous vous trouvez en ce moment, vous avez une histoire. Cette histoire, elle a un début. Peu importe, le chemin que vous entreprenez, rappelez-vous d’où vous êtes parti. Et la suite à y donner sera de plus en plus claire.

Je pense que même si vous tentez de l’oublier ou de l’occulter de votre histoire de vie, ce starting-block vous rattrapera. Le coup de feu du starter pourra même faire irruption dans vos rêves et se manifester à travers vos lapsus et actes manqués. Alors, même si c’est un début que vous jugez difficile, vous pouvez vous en servir pour rebondir. Ne le subissez pas. Dominez-le. C’est peut-être facile à dire. Mais cela vaut le coup d’essayer. C’est donc à mon tour de vous dire: Never forget where you’re from! The first part is the most important!

Matt

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J’ai rencontré Emeline Michel

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Emeline Michel et Jeff Cadichon à l’aéroport Trudeau de Montréal

Ce matin je revenais d’un court séjour à Montréal où je faisais une présentation par affiche sur le « Traumatisme et la résilience scolaire chez les jeunes dans l’Haïti post-séisme » au congrès national Santé Mentale Pour Tous de l’Association Canadienne pour la Santé Mentale. Mon séjour à Montréal a été court. Trois jours, c’est peu pour bien en profiter d’autant que le froid automnal est à peine supportable pour le frileux que je suis. Et ce n’est pas mon vol de retour prévu à 6h qui va arranger les choses.

Quand je suis sorti de chez mon hôte dont l’hospitalité fut exceptionnelle, je râlais d’avoir eu à éprouver un tel climat en octobre pour attendre un taxi qui tardait à arriver. Mon corps résiste mieux à la chaleur de Port-au-Prince. Mais cette journée où je me suis réveillé du mauvais pied présageait un scintillement merveilleux.

Je suis arrivé à l’aéroport. Je me dirige vers la porte d’embarquement. Devinez quoi ? Vous avez tout compris. Je tombe nez à nez avec Émeline Michel. Quand je vous dis Emeline Michel, je ne parle pas d’une homonyme ni d’un sosie. Il s’agit bel et bien de la plus belle voix féminine haïtienne. Notre diva dont le talent indéniable et les 30 ans de carrière traversent plusieurs générations.

C’est notre deuxième rencontre après l’excellente entrevue qu’elle m’a accordée en 2012 à Port-au-Prince dans le cadre de la présentation de son spectacle « Iles en elles » en compagnie de l’extraordinaire chanteuse martiniquaise Jocelyne Béroard. À cette époque, j’étais plus jeune et je faisais mes armes à la télé avant de me consacrer presqu’entièrement à la psychologie.

Je m’approche évidemment vers elle pour la saluer et lui explique combien je suis heureux de la rencontrer de nouveau. Elle me voit arriver et elle prend les devants pour me saluer avec un grand sourire. Le reste n’est qu’une preuve de sagesse et d’humilité qui fait tant défaut à nombreux artistes haïtiens.

On discute pendant près d’un quart d’heure. On parle de notre entrevue en 2012, la célébration de ses 30 ans de carrière, son attachement à Haïti… Plus encore, elle montre de l’intérêt pour ce que je fais et me souhaite le plus grand bien dans ma carrière professionnelle.

Je vous ai réservé le meilleur pour la fin. Laissez-moi vous faire une confidence. Emeline est une grande fan de Dany Laferrière et le respecte énormément. Je vous explique. Elle accepte de se faire prendre en photo avec moi. Puis, j’ose lui demander un autographe. Ne me dites pas que c’est de trop. Vous feriez pareil, sinon plus. Evidemment elle accepte avec toute la gentillesse qu’on lui connait. Mais la suite est meilleure.

Je lui tends l’un des deux bouquins qu’une très respectable amie m’a offerts à Montréal. Autoportrait de Paris avec chat de Dany Laferrière. Un autographe de notre diva nationale sur le dernier titre de Dany Laferrière serait plus que fabuleux. Elle me dit spontanément : « Non, je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas signer son bouquin. […] On est tous les deux fans de Dany. Il m’a signé tout un livre.»

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L’album Quintessence d’Emeline Michel

Détrompez-vous ! Je ne suis pas rentré bredouille. La diva haïtienne  m’offert mieux. Un exemplaire de son album Quintessence avec une dédicace que je vous laisse découvrir sur la deuxième illustrant ce billet. Je pourrais vous en dire plus sur cette belle rencontre. Mais l’atterrissage est imminent. Je dois éteindre mon ordinateur.

Mèsi lavi !

 

Jeff Cadichon

« Baky koupab » : tuer l’agresseur sexuel de sa fille est-il justifiable ?

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Photo : Baky https://twitter.com/realbakypopile/status/970347620899139584

Le dernier titre du rappeur Baky Popilè intitulé koupab, en collaboration avec T-Jo Zenny, agite la toile à un rythme impressionnant moins de 24 heures après sa sortie. C’est par le biais d’un tweet de Tim Valda, toujours très attentive au traitement accordé à la femme dans le milieu musical haïtien, que j’ai pris connaissance tôt ce matin de la sortie de ce morceau.

Au-delà des félicitations qui viennent de toutes parts pour saluer ce qui se veut être un pas en avant dans la lutte contre toutes les formes de violences faites aux filles, adolescentes et femmes, notamment les violences sexuelles, l’on peut se demander si l’homicide de l’agresseur serait excusable ou défendable ?

À travers Koupab, Baky semble justifier le meurtre de l’agresseur sexuel de sa fille plus qu’il ne dénonce la violence subie par cette dernière. Bien que ce second aspect reste quand-même présent dans le contenu de ce nouveau son, force est de constater qu’il s’agit plus du portrait d’un père prêt à tout pour le « bien-être » de sa fille, pouvant aller jusqu’à tuer son bourreau sous les yeux de celle-ci, quitte à être condamné à une peine de 10 ans de travaux forcés.

Mais, assister à un tel meurtre n’impliquerait-il pas des risques de perturbations – ne serait-ce que psychologiques – chez la fille déjà en situation de vulnérabilité eu égard aux actes d’agression dont elle a été victime de la part de son beau-père ? Cette situation n’engendrait-elle pas un état de surtension psychique chez elle ? Évidemment avec du recul, certains diraient qu’il devient facile de se poser toute sorte de questions. Toutefois, ce n’est nullement une raison pour laquelle on ne doit pas se les poser.

Évidemment, il faut dénoncer et condamner toutes les formes de violences subies par les femmes. Mais ici, le propos est de se demander si une cour ou un tribunal doit faire preuve de clémence face à un meurtre perpétré contre un agresseur sexuel ou un violeur, notamment quand le meurtrier plaide coupable comme c’est le cas du personnage campé par Baky dans sa chanson.

En quoi une plaidoirie axée sur le pathos constituerait le levier privilégié pour l’obtention d’une telle clémence ? En quoi peut-il y avoir une articulation entre le droit et la morale ? Quel est le fondement de la décision d’une chambre d’accusation du Texas, dans le sud des États-Unis, qui a blanchi un père ayant tué l’agresseur sexuel de sa fille ?

Le clip qui sert de support à la chanson de Baky laisse quelques éléments en suspens. Il va de soi qu’il reviendrait donc à chacun de se positionner, de se faire sa propre idée, même si la suggestion de ce morceau est évidente. Les points de vue de différents acteurs peuvent s’avérer utiles pour nourrir le débat sur cette situation dont plusieurs cas similaires ont déjà été signalés ailleurs. Avocats, sociologues, psychologues, philosophes, religieux entre autres pourraient faire avancer la réflexion.

Somme toute, au-delà de ma préoccupation sur le rap de Baky – devient-il trop prévisible et stéréotypé ou s’agit-il d’une originalité ? – Son dernier titre, loin d’être novateur si l’on tient compte du chef-d’œuvre musical baptisé Nanou que nous a proposé Jean Hérard Richard (Richie), arrive à point nommé à l’approche du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Matt

Festival du Film Court Francophone « Un poing c’est court » : une soirée d’honneur qui déshonore Haïti

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Photo : http://www.unpoingcestcourt.com

Du 19 au 27 janvier 2018 se tient la 18e édition du Festival du Film Court Francophone « Un poing c’est court » de Vaulx-en-Velin. Cette année les organisateurs ont jeté leur dévolu sur Haïti comme pays à l’honneur du festival. Cependant, la soirée thématique ‘’ Haïti, pays à l’honneur’’ tenue le mercredi 24 janvier dernier a déshonoré Haïti.  

Le mercredi 24 janvier dernier, j’ai été invité à prendre part à la soirée ‘’ Haïti, pays à l’honneur’’ tenue au cinéma Les Amphis dans le cadre de la 18e édition du Festival du Film Court Francophone « Un poing c’est court » de la ville de Vaulx-en-Velin en France. Les organisateurs avaient sélectionné six courts-métrages pour mettre à l’honneur Haïti à travers son cinéma le temps d’une soirée.

Je dois vous avouer qu’avec mon inculture cinématographique, je n’avais pas pris part à cet événement avec la prétention de juger de la qualité des films projetés. J’étais plutôt très curieux de voir comment ces œuvres permettent d’aborder la place et le rôle du cinéma haïtien dans la culture haïtienne comme il est précisé sur le site internet du festival. Cependant, à mesure que les films se suivaient mon doute sur l’atteinte de cet objectif grandissait. Je me suis même demandé si le but de départ n’a pas été tout autre.

Avant de mettre l’accent sur le contenu de ces courts-métrages, je voudrais attirer votre attention sur un fait qui à mon sens est loin d’être anodin. Quand j’ai pénétré dans la salle où se déroulait la séance, j’ai immédiatement constaté que le drapeau haïtien qui se situait au plafond était mal disposé, soit de manière verticale mais pas horizontale.

Le drapeau de tout pays force le respect et mérite un traitement privilégié, sans faille.

Cette disposition maladroite du bicolore haïtien, un véritable impair commis par l’équipe organisatrice, m’a laissé perplexe.

Revenons-en aux courts-métrages projetés lors de cette soirée. Le premier est un documentaire de 14’30’’ intitulé Là-bas. Ce dernier met en évidence le quotidien de deux jeunes femmes, respectivement âgées de 30 ans et 18 ans, vivant dans la crasse et une misère atroce. La vie de ces deux mères villageoises caractérisée par des grossesses non désirées ou non contrôlées en raison de leur manque d’éducation sexuelle traduit une réalité macabre que l’on ne peut ignorer en Haïti. Mais celle-ci ne saurait suffire pour esquisser la vie en Haïti, encore moins l’histoire de ce pays.

Dans cette perspective historique, le second film arriva à point nommé. Il parle d’un héros de la nation haïtienne. Voyez-vous de qui pourrait-il s’agir ? Je suis persuadé que le premier nom qui vous vient à l’esprit diffère selon le pays, la vision du monde ou le rapport de chacun à l’histoire.

Et comme souvent dans l’Hexagone, le nom qui revient le plus est Toussaint Louverture. Certains le considèrent comme un ancien soldat français qui a combattu l’esclavage à Saint-Domingue. D’ailleurs, la France lui rend désormais hommage au Panthéon. Rappelons que cet hommage est rendu à une personnalité qui a contribué au rayonnement des valeurs françaises.

Ce deuxième documentaire mettait l’accent sur Toussaint Louverture, miroir d’une société. La société haïtienne. Je tiens à préciser que je ne remets aucunement en question le rôle prépondérant de Toussaint Louverture dans la lutte anti-esclavagiste qui contribua à l’indépendance d’Haïti.

Mais je ressens une profonde indignation quand dans certaines sphères, l’histoire d’Haïti est réduite à ce génie alors que le nom du père fondateur de la nation haïtienne, Jean-Jacques Dessalines, y est -délibérément ?- occulté, tout comme un événement incontournable tel que la bataille de Vertières. La prise de parole de la représentante de la maire de Vaulx-en-Velin au festival en est une parfaite illustration. Cherchez l’erreur !

La troisième œuvre projetée est une fiction de 20 minutes, Le cri du Lambi. Selon la description qu’on peut lire sur le site du festival, ce film met en scène « un homme qui reproduit malgré lui les actions de François Mackandal, célèbre esclave haïtien ». Et la rébellion dont parle le réalisateur n’est illustré qu’à travers un crime passionnel. Si Gaël Faye voit ce film, il sera mal à l’aise, lui qui a salué ce héros mythique de la lutte contre l’esclavage dans son chef d’œuvre tôt le matin.

Les Princes des Fatras, 4e film diffusé lors de cette soirée, a le mérite de mettre en relief une action collective de ramassage d’ordures à Cité Soleil qui contribue à la mise en place d’un centre de tri collectif. Dans ce documentaire, tout est dans le titre. Au-delà de cette initiative louable, la trame de ce film est constituée de la misère et le marasme des habitants de cette commune située non loin de la capitale haïtienne.

Le 5e film soumis à l’appréciation des spectateurs donne l’illusion de mettre l’accent sur l’amour fraternel d’un adolescent de 15 ans, mortellement poignardé en voulant protéger son petit frère. Mais comme le suggère le titre, Sitwayen lari (Citoyen des rues), il s’agit d’une caricature des conflits opposant des enfants des rues en Haïti. Des laissés-pour-compte de la société comme on peut en voir partout dans le monde.

Pour terminer la projection, les organisateurs ont fait le choix de La déchirure. C’est un documentaire de 25 minutes où le réalisateur tente d’élucider le paradoxe autour de l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier, bourreau par le passé devenu en décembre 2011 parrain d’une promotion de la faculté de droit et des sciences économiques des Gonaïves. Une ville dont les habitants contribuèrent grandement au départ pour l’exil du fils de Papa Doc, après l’assassinat de 3 jeunes écoliers par des militaires au service de son régime.

En définitive, cette soirée ‘’Haïti, pays à l’honneur’’ a proposé une approche réductrice d’Haïti, de son histoire, de sa situation socio-économique et de sa culture. Par-dessus tout, elle n’a fait que contribuer au renforcement des préjugés associés systématiquement et souvent exclusivement à Haïti.  La misère, la corruption, les enfants abandonnés, des dirigeants crapuleux, la surpopulation, les inégalités sociales… Le cocktail idéal pour décrire le pays considéré comme « le plus pauvre de l’hémisphère ».

Je savais qu’Haïti était trop souvent présentée ailleurs sous ses aspects les plus sombres plutôt que sa richesse culturelle, ses ressources naturelles abondantes, son éventail artistique, son passé historique glorieux, sa littérature florissante entre autres. Mais, je n’aurais jamais imaginé qu’un festival qui entend honorer un pays à travers son cinéma sélectionnerait un ensemble de films qui ne font que consolider les représentations sociales négatives qui sont déjà bien ancrées dans l’imaginaire collectif.

L’explication d’un membre organisateur chargé de la sélection des films mettant l’accent sur le nombre restreint des œuvres qu’il a reçues, sans en préciser combien, m’a semblé trop facile. J’ai bien pris le soin de le lui dire car finalement il aura fait des choix. En définitive, ma voix associée à celle d’un jeune étudiant haïtien assis à ma droite lors de la soirée furent les seules à dénoncer ce déshonneur. J’espère que nos interventions ne seront pas coupées au montage car le débat était filmé.

Matt

10 jours plus tôt

À la mémoire de Freud Bathold… et tous les autres
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Retrouvailles de la promotion Ex Professo (1999-2006) du CNDL, le 2 janvier 2010 à Port-de-Paix. Photo: Catts Brignold Michaud

Ta présence illuminait ces retrouvailles. Quatre ans après avoir obtenu notre bac, tes fous rires et tes blagues n’avaient pas cessé d’emballer tous nos camarades présents à cette belle journée. On avait retrouvé notre Freud de la 7e année fondamentale jusqu’à la terminale.

 

Tu croquais la vie à pleines dents. Tu vivais chaque jour comme le dernier, pour reprendre une chanson connue par d’aucuns. On a mangé. On a chanté. On a dansé. On a rigolé. On a crié à tue-tête. On a passé en revue les 7 années vécues ensemble à l’école.

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Une partie de la promotion Ex Professo (1999-2006) du Collège Notre-Dame de Lourdes, Port-de-Paix, Haïti.  Photo: Catts Brignold Michaud

(Més)Aventures, railleries, 100% de réussite au baccalauréat, victoire de notre promotion aux élections présidentielles du collège…, on était sur un nuage ce 2 janvier 2010. Le gérant de l’hôtel et ses employés ne pouvaient en croire leurs yeux.

Dix jours plus tard, 12 janvier 2010, ce violent séisme t’a emmené vers l’au-delà. Mais, il ne pourra jamais nous enlever les très beaux souvenirs que tu nous auras laissés.

La promotion Ex Professo du CNDL ne t’oubliera jamais !

Matt

Non GuyWewe, tu ne peux pas cautionner une telle dérive !

Guywewe
 

Guerrier Guy Webbern alias Guywewe, animateur de Guywewe Live sur Visa fm

 

Cher ami,

Qu’il me soit permis de t’adresser mes plus vives félicitations pour ton excellent travail dans le paysage médiatique haïtien et en profiter pour te faire part de mon profond désaccord avec la publication sur ta chaîne Youtube de récentes vidéos mettant en vedette l’ex président d’Haïti Michel Joseph Martelly alias Sweet Micky.

En effet, au nom de notre amitié franche et sincère qui perdure depuis environ 10 ans, il me parait plus qu’une obligation de tirer la sonnette d’alarme quand j’ai la ferme conviction que t’as pris un raccourci qui risque de compromettre ta riche et grandissante carrière, et par là-même aggraver la crise de repères qui secoue notre société depuis trop longtemps.

Nous ne sommes pas toujours du même avis sur tout. Tant mieux ! Car de nos points de discordance résultent régulièrement des échanges les uns plus féconds que les autres. La mise en ligne de ces contenus vidéos estampillés ‘’interdit aux moins de 18 ans’’, faisant davantage la promotion d’obscénités que celle de la musique haïtienne, est une faute grave que tu devrais réparer incessamment. Leur suppression me semble être la solution idéale. Mais, si tu privilégies l’option ‘’clean versions’’ je le comprendrai.

Tu m’excuseras de t’interpeller publiquement car mes propos se veulent aussi un cri d’alarme d’un jeune haïtien face à la déchéance morale déshonorante de notre pays. Je suis persuadé que ton sens du recul et  ton engagement citoyen te permettront de saisir le sens de ma démarche.

Merci de noter que cet épisode regrettable et inhabituel n’enlève rien à ma très haute estime pour toi. On a tous commis des erreurs, moi le premier. Mais avec le temps, j’ai fini par comprendre que le plus important est ce qu’on a appris de celles-ci.

Amicalement,

Jeff

L’exploit de Raquel Pélissier : pourquoi tout le monde ne s’y retrouve pas ?

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Dimanche soir Raquel Pélissier, jeune femme haïtienne de 25 ans, a remporté la deuxième place du concours Miss Univers qui s’est tenu à Manille, aux Philippines. Si de nombreux haïtiens ont cru à un éventuel couronnement de leur représentante jusqu’au dernier moment, c’est finalement la française de 24 ans, Iris Mittenaere qui a été élue. Toutefois, la belle performance de la candidate d’Haïti est saluée tant par ses compatriotes que par des observateurs de l’étranger. Cependant, parmi le flot de messages de remerciements et d’expression d’une fierté haïtienne grandissante, certaines critiques et remarques sont à priori arrivées comme un cheveu sur la soupe. D’où la nécessité d’interroger le bien fondé de ces remises en question. Il m’a paru essentiel (a) de m’arrêter d’une part sur le sentiment de fierté qu’on peut tirer de cette expérience ; avant de tenter (b) d’apporter une compréhension de la remise en question de son haïtianité par plus d’un.

Lundi matin après un réveil difficile, je n’ai pas tardé à découvrir que la nuit était également très mouvementée en Haïti. Ce sont les multiples notifications des comptes facebook et twitter de mon amie et ancienne collaboratrice à Radio Vision 2000, Wisline Louissaint, qui ont attiré mon attention. Très vite j’allais comprendre ce que j’avais loupé après avoir été cloué au lit à cause de cette fameuse grippe qui me rend visite régulièrement en hiver depuis un peu plus de quatre ans maintenant. Raquel Pélissier, Miss Univers Haïti 2016 est première dauphine du concours Miss Univers 2017 tenu à Manille, aux Philippines.

Tout le monde en parlait. Je découvrais les multiples posts et tweets de soutien à Raquel. Notre Raquel. Une totale effervescence ! Ma chère amie Wisline, responsable de communication du comité organisateur de Miss Univers Haïti, faisait son travail avec passion et professionnalisme. Oui les deux se mêlent certaines fois. Je revivais chaque petit instant de la soirée à travers ses publications. Comme mes concitoyens, j’étais tout ému. J’ai eu des frissons. Je me suis dit au moins les multiples covoitureurs qui croisent souvent mon chemin ne se contenteront plus de me rappeler que ‘’ca ne va pas chez moi’’.

Dans la foulée, je suis tombé par hasard sur un premier message qui résonne comme une voix discordante. La personne exprimait un malaise face au choix de notre candidate de répondre aux questions qui lui ont été posées en anglais plutôt qu’en créole (ou en français). Evidemment, les réactions n’ont pas été des plus tendres. Plus loin, c’est un billet publié sur le blog la loi de ma bouche qui comme d’habitude a suscité mon entière curiosité. L’auteure se demande : Raquel Pélissier représente-t-elle vraiment la femme haïtienne? C’est l’un des blogs les plus actifs que je connaisse sur la toile à côté de celui de Tim Valda.

L’auteure qui gratifie régulièrement ses lecteurs de textes rédigés avec beaucoup dextérité a tenu son rang à travers son analyse « d’un affreux florilège  injures d’émo-nationalistes révoltés par le racisme, la négativité, l’ignorance, la bêtise, la mauvaise haleine » d’un spectateur sceptique par rapport à la démarche et l’utilisation de l’anglais comme langue d’expression de la représentante d’Haïti. Si je ne partage pas certains détails de son propos, j’avoue que je me retrouve presque totalement dans le fond. J’y reviendrai un peu plus tard. Pour le moment, je vais m’intéresser à ce sentiment de fierté qui a animé tant d’haïtiens et haïtiennes, y compris moi-même, qui suivaient cette nouvelle édition de Miss Univers tant en Haïti qu’à l’étranger.

En faisant une revue de presse aujourd’hui, j’ai pu constater comment l’exploit de Raquel au concours Miss Univers a bénéficié d’une place prépondérante dans les colonnes de Le Nouvelliste-Ticket Magazine et Loop Haïti. C’était de bon augure, me disais-je. Le dénominateur commun des articles ne fut autre que la fierté haïtienne. Dans son éditorial publié ce lundi dans Le Nouvelliste, Frantz Duval évoque un heureux accident. Gaelle C. Alexis précise dans Ticket que « dimanche soir, chaque haïtien a ressenti cette bouffée de fierté ». Un autre article de Ticket titre « la victoire de Raquel est celle d’Haïti, dixit le comité ». Pour sa part, la maman de la jeune femme a confié à Ticket Magazine que « hier soir notre devise a retrouvé tout son sens ». De son côté, Loop Haïti qui a consacré pas moins de trois articles à la Miss Univers Haïti en a titré un : Raquel Pélissier : 1ère dauphine Miss Universe 2016, fierté haïtienne.

Mais, de quoi sommes-nous fiers exactement ? En quoi cette honorifique deuxième place constitue la fierté haïtienne ? Je me suis posé ces questions après avoir écouté ce mardi matin la chronique « la morale de l’info » de Raphael Enthoven, sur Europe 1. Le philosophe français remettait en question le sentiment de fierté manifesté par ses innombrables compatriotes suite à la victoire de leur représentante. Et j’avoue que j’étais scotché. Dans son intervention intitulée « la beauté méprise le drapeau » il souligne :

« L’élection de Miss Univers n’est pas le championnat d’Europe des nations ni le tour de France ni Rolland Garros. Le titre de Miss Univers ne récompense aucun exploit. Si l’élection de Miss Univers en passait par des épreuves sportives, si on récompensait la plus forte ou la plus agile d’entre elles, alors on pourrait être fiers de notre petite française comme on est fiers de nos handballeurs. L’épreuve consiste dans le respect de conditions minimales. On leur demande de marcher, de sourire, de se changer et de parler. Et ce qu’on évalue c’est un tour de taille ou comme dirait Proust, la valve claustrale d’un pubis. En un mot, la récompense ne sanctionne ici aucune prouesse. Un concours de beauté, ce sont juste des ADN qu’on note. […] Quel rapport entre la France et les courbes célestes et interchangeables d’une personne de 24 ans ? Quel rapport entre le drapeau tricolore et l’ADN d’une jeune Lilloise qui aurait parfaitement pu naître ailleurs.

Raphael Enthoven affirme plus loin que « cette histoire de Miss Univers est très grave parce que pour être fier de cette victoire française il faut présumer que la beauté de la jeune Iris est une beauté génétiquement française…, il faut penser qu’Iris est belle parce qu’elle est française ; au lieu de penser comme c’est le cas évidemment qu’elle est à la fois belle et accidentellement française. La beauté française n’est pas une affaire de gène. Or ce présupposé parfaitement raciste d’une beauté qui serait l’heureuse conséquence d’une nationalité est mis en œuvre par tout pays qui croit bien faire en faisant sienne la victoire d’une de ces compatriotes à un concours de beauté ». La morale de l’info : la beauté méprise le drapeau. Cette intervention a fait écho en moi par rapport au cas d’Haïti.

En quoi notre Raquel Pélissier : 1 m 80, une physique de rêve et une tête bien faite, certainement, comme la décrit Loop Haïti, nous rendait fiers ? Comme le souligne Raphael Enthoven, je ne pense pas que son physique de rêve puisse être une fierté haïtienne. Je partage également l’avis de Patricia Camilien qui répond sur son blog à la question de savoir si Raquel Pélissier représente vraiment la femme haïtienne : « Personne ne le peut. La femme haïtienne est multiple. Mademoiselle Pélissier est toutefois une femme haïtienne qui nous a représentés avec brio et qui a permis de donner une autre image de nous que celle d’une misère constante et abêtissante ».

Cependant je pense qu’on peut être fiers de pouvoir nous identifier au symbole qu’elle représente. Cette symbolisation se fait non pas dans son immense beauté mais à travers son écharpe portant l’inscription Haïti. Cela nous amène à notre deuxième point qui consiste à tenter d’apporter une compréhension de la remise en question par plus d’un de l’haïtianité de l’exploit de Raquel Pélissier. Pourquoi tout le monde ne s’y retrouve pas ?

Revenons-en au spectateur sceptique qui s’est fait traiter de tous les noms pour avoir osé cracher dans la soupe. À travers les réactions qu’il a suscitées, on lui a fait savoir, comme le précise Patricia, que  « les Haïtiens sont de toutes les couleurs, de tous les types, parlent toutes les langues ». Je pense qu’ici se pose une question que l’on évite trop souvent d’aborder en Haïti. La problématique identitaire. Je constate chez nous à la fois une forme de déni, d’évitement et de refoulement face à cette réalité qui est inhérente à notre histoire de peuple.

Ici, mon objectif n’est pas de me contenter de vous dire que les distinctions de couleur de peau, de types de cheveux ni de forme du nez habitent nos quotidiens. Vous le savez déjà. Je pense qu’il est urgent que l’on apprenne à vivre avec et en faire notre identité de peuple. Il n’existe aucune société étanche, comme me l’a si bien dit l’une de mes enseignantes en Master 2 après l’attentat de Charlie. Nous sommes tous métissés à un niveau ou à un autre. L’identité requiert une unité dans la complexité. Et ce sentiment de continuité, ce sentiment d’être le même, quand il fait défaut, il peut aller jusqu’à ébranler notre équilibre psychique.

À travers le message de ce spectateur sceptique, j’aperçois la possible souffrance de quelqu’un qui peine à trouver des repères pour s’identifier à notre miss. L’accuser d’être frustré, aigri et raciste pourrait être une double victimisation. Une peine de trop. Nous ne pouvons pas fonctionner en vase clos. Parler plusieurs langues est (un) facteur important dans la création du lien social, entre autres. Attention, je ne suis pas en train de justifier la suprématie de l’Anglais qui prévaut à travers le monde.

Mais, autant que je comprends que Raquel puisse s’exprimer en Anglais durant le concours, autant que je comprends un compatriote qui n’arrive pas à s’identifier à une Miss Univers Haïti qui ne s’exprime ni en créole ni en français (j’en connais certains qui diront que c’est la langue du colon),  et qui porte une robe dorée, signée Diego Fernando Marín Mendoza, un designer colombien. Nous nous limitons tellement à l’observation des faits que le vécu subjectif d’un événement par un individu ne nous dit plus rien. Reste à savoir si cela n’a pas toujours été le cas. Si notre société ne cesse pas d’être le théâtre d’une dichotomie nèg andeyò/nèg lavil, moun anwo/moun anba, tiwouj/tinwa, nous sommes encore très loin de retrouver une fierté commune et de parler tous d’une seule voix.

Je me souviens de cette jeune femme qui venait de Saint-Martin avec qui j’avais réalisé un entretien clinique de recherche en 2014. À un moment donné, je lui avais demandé comment elle se définirait depuis son installation en France Métropolitaine. Elle m’a répondu spontanément : « Je suis juridiquement française, mais culturellement saint-martinoise ». Sa réponse montre que ce n’est pas forcément avec un statut juridique que le sentiment d’identité va s’installer. C’est un processus complexe et dynamique dont les résultats dépendent d’une interaction entre des facteurs externes et des facteurs internes. Pour y parvenir il faudra une prise de conscience et une implication d’ordre individuel, interpersonnel, groupal et institutionnel. On appelle les pompiers pour maîtriser un incendie, pas pour le prévenir. Fòk nou sispann tann lè kabrit fin pase pou n ap rele fèmen baryè.

Matt